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SNCF : qui profitera vraiment des prix plafonnés ?

Un tarif maximum bénéficiera aux porteurs de la carte Avantage sur les trains Intercités et TGV. Mais pour certains trajets, ça ne changera rien ! iStock/frantic00

La SNCF se lance dans une opération séduction. La compagnie ferroviaire assure avoir entendu les critiques récurrentes concernant les tarifs des trains Intercités et des TGV, jugés trop complexes, trop variables, trop chers… Des évolutions s'appliquent à partir de ce mois de juin. Parmi les annonces phares, l'instauration de « prix plafonnés y compris à la dernière minute » pour les titulaires de l'une des cartes de réduction « Avantage ». La SNCF laisse donc espérer des baisses de prix pour les voyages aux périodes les plus demandées. Sera-ce vraiment le cas ? Ce n'est pas si simple. À y regarder de plus près, pour certains trajets, les plafonds ne changeront rien aux prix payés ! Sur d'autres, les économies seront bel et bien au rendez-vous. À LIRE AUSSI >>> Chèques-vacances : du mieux aux péages d'autoroute

Pour en profiter, la carte Avantage est obligatoire

Tout d'abord, les plafonds ne concernent pas les voyageurs sans carte de réduction. Pour eux, rien ne change. Avec cette réforme tarifaire, la SNCF ne renonce pas au yield management, la méthode de tarification qui fait varier (et parfois exploser) le prix des billets pour optimiser le remplissage des trains. Elle se contente d'en limiter les effets pour les clients porteurs de l'une des cartes Avantage. Vendues 49 €, elles garantissent toujours au moins 30 % de réduction, avec cette limitation des prix en plus.

Trois tarifs maximums selon la durée du trajet

Pour les titulaires de la carte, le prix des billets sera désormais limité à :

Des plafonds tarifaires existent déjà !

Mais en réalité, des plafonds tarifaires existent déjà – ce que l'immense majorité des voyageurs ignorent. Il faut dire que ces autres plafonds sont bien plus alambiqués : homologués par l'État, ils sont fixés trajet par trajet. Toute la question est de savoir si les nouveaux plafonds sont plus bas que ceux issus de l'homologation des pouvoirs publics – ceux-ci restent en vigueur en parallèle : c'est donc le plus bas des deux plafonds qui s'appliquera.

Certains trains seront vraiment moins chers

Nous avons vérifié l'intérêt de ce changement pour une quinzaine de trajets, parmi les plus fréquentés. Ainsi, pour un Paris-Lyon, le plein tarif maximum autorisé par l'État est de 97 € pour un voyageur sans carte. Par déduction, un titulaire de carte Avantage (30 % de réduction minimum) ne pouvait pas payer plus de 67 €. Désormais, même un week-end de grand départ en vacances, son billet ne pourra pas dépasser 59 €, le nouveau plafond pour les trajets de cette durée. Un vrai plus.

Billet Paris-Rennes : 39 € maximum au lieu de 65 €

Voici d'autres lignes sur lesquelles la réforme limitera grandement l'envolée des prix :

En revanche, le gain potentiel sera minime entre la capitale et Marseille : les porteurs de carte verront leur billet limité à 79 €, contre 81 € jusqu'à présent. À LIRE AUSSI >>> SNCF : Tout déraille. Notre étude de février 2020 sur les prix du train

Le nouveau plafond est parfois plus haut que l'ancien

Et rien ne changera, par exemple, pour les voyageurs du Paris-Reims : le plafond issu de l'homologation publique, toujours en vigueur, limite déjà les prix à 30 € en comptant les 30 % de réduction « Avantage »… C'est moins que le nouveau maximum de 39 € pour des voyages courts. Pas de baisse de prix à attendre non plus sur Paris-Arras, Paris-Dijon, Lyon-Marseille ou Paris-Brest, selon nos constats. À LIRE AUSSI >>> TGV : ces lignes où la SNCF se lâche sur les prix Si les économies potentielles varient selon les trajets, le système avec trois tarifs maximum présente au moins la vertu d'être simple et lisible pour les porteurs de carte – des qualités qui ont souvent fait défaut à la tarification SNCF.

Des échanges de billets plus faciles

Bonne nouvelle : la SNCF redonne un peu de souplesse aux voyageurs. Les billets TGV et Intercités resteront échangeables et remboursables sans frais jusqu'à 3 jours inclus avant le départ. La compagnie pérennise ainsi une règle mise en place à l'occasion à la crise sanitaire, alors qu'elle n'avait cessé de durcir les conditions d'échange au cours des années précédentes. La SNCF ne revient toutefois pas au degré de souplesse en vigueur jusqu'en 2016. À partir de l'avant-veille du départ, l'échange et le remboursement sont facturés 15 €.

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