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Prêt étudiant : 8 conseils pour choisir la meilleure offre

Nous avons comparé les offres de grandes banques en matière de prêts étudiants. Pour en profiter au mieux, quelques astuces sont bonnes à connaître. iStock/AndreyPopov

Frais de scolarité de 170 € à l'université pour la licence, de 2 500 € en moyenne par an pour une formation d'ingénieur, de plus de 10 000 € pour une école de commerce : poursuivre des études revient cher. D'autant qu'à ces frais de début d'année, il faut ajouter le coût de la vie courante, estimé l'année dernière à 1 193 € par mois par la Fédération des associations générales étudiantes (Fage). Pour boucler votre budget d'étudiante ou d'étudiant, en complément des bourses et des petits boulots, le recours au crédit peut être incontournable et offrir une solution. Mais les prêts étudiants présentent certaines spécificités à apprivoiser.

CONSEIL N° 1

Faites d'abord le plein de prêts gratuits

Quelques établissements bancaires se distinguent en proposant, en parallèle de leurs prêts étudiants, des crédits à taux zéro. C'est le cas notamment de LCL avec son mini-crédit « Avance Études » à 0 % d'un montant de 500 à 1 000 €, remboursable sur 2 à 12 mois, complété par son offre « Solution Études 0 % ». Ouverte à tous les cursus, son montant oscille entre 1 500 et 5 000 €, sur 12 à 60 mois. À signaler également, une offre tarifaire au ras des pâquerettes avec un TAEG fixe de 0,10 % à la Banque postale pour un prêt de 1 000 à 10 000 €, remboursable sur 12 à 120 mois (différé compris). Notre conseil : si vous remplissez les conditions requises, profitez des prêts gratuits avant de vous tourner vers un prêt payant. Attention ! Dans certains cas, pour bénéficier de ces offres (promos et prêts étudiants), si vous ne détenez pas déjà un compte dans l'établissement, vous devrez en ouvrir un, sur lequel les échéances de votre prêt seront débitées. À LIRE AUSSI >>> Alerte aux comptes bancaires piratés et vidés !

CONSEIL N° 2

Prenez le temps de comparer les offres

Toutes les banques n'adoptent pas la même politique vis-à-vis des étudiantes et des étudiants. Certaines mettent le paquet pour vous séduire. La plupart pratiquent un taux de crédit unique quel que soit le niveau d'études poursuivi, mais quelques-unes continuent à saler l'addition pour les formations courtes (CAP, BEP…). « Renseignez-vous auprès de votre école ou de votre BDE [Bureau des étudiants], recommande Solène Le Her, chef produit crédits à la consommation à la Société générale. Un grand nombre de partenariats nationaux et locaux permettent de décrocher les meilleurs taux. » Emmanuelle Simi, directrice marketing et banque digitale chez LCL, suggère quant à elle d'« interroger aussi la banque de vos parents ». « Nous accordons des conditions plus attractives aux enfants de nos clients », précise-t-elle.

Nous avons étudié les offres de sept grandes banques

La plupart des banques interrogées pratiquent des taux d'intérêt canon oscillant entre 0,60 % et 1,5 % au maximum, avec une moyenne qui tourne autour de 0,70 % à 0,80 %. Autant dire qu'à ces niveaux-là, les jeunes et leurs parents peuvent envisager très sérieusement de souscrire un prêt étudiant.

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CONSEIL N° 3

Débloquez le prêt en plusieurs fois

C'est l'une des particularités des prêts étudiants dont nous vous recommandons d'user et d'abuser. Cela vous permet de fractionner le versement des fonds en fonction de vos besoins, étalés sur les trois, quatre ou cinq années de votre cursus d'études. Suivant les banques, vous programmerez des déblocages au mois, au trimestre, au semestre ou année par année. Cette fonctionnalité est souvent proposée sans frais – toutefois la Société générale la facture 16 €. Renseignez-vous en amont : certaines banques vous offrent la possibilité de modifier le calendrier des déblocages prévus en cours de vie du prêt et/ou de décaler ou d'annuler un décaissement, comme chez LCL, mais toutes ne proposent pas cette souplesse. Pour Guy Poyen, directeur marketing et digital clients au Crédit agricole d'Île-de-France, l'avantage de la formule est d'« éviter de disposer dès la première année de l'intégralité du capital emprunté avec le risque d'utiliser trop rapidement les fonds prévus à l'origine pour financer les besoins durant toute la durée de vos études. Cela vous permet aussi de renoncer au déblocage des dernières tranches de crédit si, au final, vous ne poursuivez pas votre formation ou si vous n'avez pas utilisé la totalité du montant prévu initialement. »

CONSEIL N° 4

Privilégiez un différé partiel plutôt que total

C'est une autre spécificité du prêt étudiant. Il permet, pendant toute la durée des études, de ne pas avoir à rembourser le prêt. On parle de différé total (ou franchise totale) quand vous ne remboursez absolument rien. Et de différé partiel (ou franchise partielle), quand vous remboursez tous les mois les primes d'assurance et les intérêts, mais toujours pas de capital. Particulièrement adapté à la vie étudiante, ce système permet de faire correspondre les premiers remboursements avec l'entrée dans la vie active. « Sauf que ne rien débourser pendant plusieurs années peut être déresponsabilisant, commente Solène Le Her. C'est pourquoi nous conseillons plutôt un différé partiel. »

Découvrez l'impact d'un différé total ou partiel

Le niveau plancher des taux d'intérêt permet de ramener quasi à zéro le coût du différé, qu'il soit total ou partiel. En revanche, l'impact sur les mensualités est net puisqu'elles augmentent de 50 % selon l'option retenue : avec ou sans différé. L'idée ici étant de reporter l'effort de remboursement à la fin des études.

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CONSEIL N° 5

Choisissez la durée de différé la plus importante

C'est une astuce soufflée par Guy Poyen du Crédit agricole d'Île-de-France : « Il vaut mieux demander la durée de différé maximum lors de la souscription du prêt. Parce qu'une fois fixée, en cours de vie du prêt, vous pourrez l'écourter mais pas l'allonger. » Prenons un exemple : si vous choisissez un différé de trois ans, vous ne pourrez pas obtenir sa prolongation si, une fois votre diplôme en poche, vous rencontrez des difficultés pour décrocher un premier job. Attention toutefois si vous prenez un prêt étudiant garanti par l'État avec Bpifrance (voir ci-dessous, conseil n° 7), car le coût de la commission augmente avec la durée du crédit. À LIRE AUSSI >>> Frais bancaires : nos 10 conseils pour les limiter

CONSEIL N° 6

Évitez la caution… si c'est possible

Même si les montants moyens des prêts oscillent entre 14 000 et 21 000 €, la banque peut valider des demandes jusqu'à 75 000 €, voire davantage. Il s'agit de sommes importantes dont les banquiers veulent évidemment s'assurer qu'elles leur seront bien remboursées. C'est pourquoi, dans la quasi-totalité des cas, une caution parentale est exigée. Assez rare pour être noté : le Crédit agricole d'Île-de-France et LCL précisent que, pour les étudiants des grandes écoles (HEC, Polytechnique, Sciences Po…), la garantie n'est pas obligatoire. Idem côté BNP Paribas, qui propose son propre prêt sans caution pour les élèves boursiers inscrits dans l'un des établissements de la Conférence des grandes écoles (CGE). Comment faire dans le cas où vos parents ne peuvent pas se porter caution ou si vous ne souhaitez pas les solliciter ? Il existe une alternative : le prêt étudiant garanti par l'État.

CONSEIL N° 7

Profitez du prêt étudiant garanti par l'État

En l'absence de caution personnelle, impossible d'emprunter ? Le prêt garanti par l'État, avec Bpifrance, est une solution car il est accordé sans caution personnelle ni conditions de ressources. Il est possible d'emprunter entre 1 000 € et 20 000 € pour une durée de 24 à 120 mois, différé compris. Vous pouvez souscrire auprès des banques partenaires historiques du dispositif : Société générale, CIC, Crédit mutuel, Banques populaires et Caisses d'épargne ; et, depuis 2021, Banque postale, BFCOI et Crédit agricole. Il ne s'agit pas d'un prêt gratuit. Les banques restent libres d'en fixer les conditions : taux, assurance, différé, déblocage, durée… Il peut être un peu plus onéreux qu'un prêt étudiant classique, puisqu'au taux d'intérêt lui-même s'ajoute la commission Bpifrance, de 0,90 % à 3,30 % du montant emprunté selon la durée du prêt. Cette commission sera prélevée en une seule fois lorsque l'argent du crédit vous sera viré.

CONSEIL N° 8

Profitez d'un accompagnement sur mesure

Alors que la plupart des banques en ligne et des néobanques ne proposent pas de prêt étudiant, les banques avec agences insistent sur l'importance de l'accompagnement. « C'est le cas notamment à la Banque postale où, lors du rendez-vous, un spécialiste épaule le conseiller bancaire habituel, afin d'exposer toute la mécanique du prêt étudiant au jeune et à ses parents (franchise, différé, déblocage partiel…) », explique Franck Oniga, président du directoire de La Banque postale Consumer Finance. Profitez de cet entretien pour poser toutes vos questions et bénéficier de conseils personnalisés. Et pas de panique, même si vous signez une offre de prêt, vous disposez de quatorze jours pour changer d'avis ! À LIRE AUSSI >>> Assurance-vie : le capital des fonds en euros n'est plus toujours garanti

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