Dans le centre de Varsovie, une des capitales européennes les plus polluées, une nouvelle aire de jeux propose désormais un bol d'air pur aux enfants grâce aux micro-algues.

Contenues dans des tubes en verre suspendus tout autour du kiosque en bois qui abrite les jeux, des micro-algues se régalent des polluants et du dioxyde de carbone ambiant.

"Il y a un potentiel inexploité à ramener la bio-intelligence des systèmes naturels dans les villes", a déclaré Marco Poletto, co-fondateur de la société de design urbain ecoLogicStudio, basée à Londres, à l'origine du projet "AirBubble".

M. Poletto suggère de "transformer les bâtiments en machines vivantes qui produisent de l'énergie, stockent du CO2 et purifient l'air", selon un communiqué.

La capitale polonaise a été choisie pour accueillir cette première "AirBubble" car elle manque particulièrement d'air pur. Selon les données de l'Agence européenne pour l'environnement (AEE) publiées le mois dernier, Varsovie se classe à la 269 position sur 323 villes européennes pour la qualité de l'air.

Ce classement est établi selon le niveau moyen sur les deux dernières années des particules fines (PM2,5), ces dernières étant particulièrement néfastes pour la santé. Selon l'AAEE, la pollution de l'air, causée en grande partie par la combustion du charbon, provoque environ 50.000 décès prématurés par an dans toute la Pologne, pays de 38 millions d'habitants.

"AirBubble" est équipée de dizaines de tubes de verre remplis d'une eau contenant des algues chargées de filtrer l'air aspiré par la base du tube.

Ces organismes en consomment les molécules polluantes et le dioxyde de carbone avant de rejeter de l'oxygène pur par le haut, formant de véritables "bioréacteurs".

Le kiosque couvrant l'aire de jeux, dont la structure circulaire en bois est recouverte d'une membrane spéciale, est installé sur les berges de la Vistule et jouxte le centre des sciences Copernic.

Dans la chaleur de l'après-midi, un employé du centre surveille des enfants de différents âges criant et riant tout en en sautant sur des bulles de caoutchouc et se balançant sur des cordes.

"C'est amusant", crie Ania, huit ans, en bondissant.

Sa mère, Malgorzata Wrona, fait l'éloge de l'équipement écologique. "C'est plutôt sympa. Surtout dans une grande ville, n'est-ce pas ? Parce que vous savez : la pollution, le smog, etc", explique à l'AFP cette enseignante d'anglais de 42 ans.

"Cela donne au moins aux enfants une chance de respirer un peu d'air frais," ajoute-t-elle.

Habitante de Wroclaw, dans l'ouest de la Pologne, elle confirme que de nombreuses personnes chauffent encore leurs maisons au charbon, la qualité de l'air étant donc "calamiteuse".

"AirBubble" restera en place jusqu'au mois de novembre, mais pourrait devenir à terme un équipement permanent. Des installations dans d'autres villes sont également envisagées.

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