« Une part disproportionnée de la croissance est captée par les plus riches »

Co-auteur d'une étude du Laboratoire sur les inégalités mondiales publiée ce mardi, l'économiste Lucas Chancel préconise dans un entretien à « l'Obs » d'améliorer la progressivité de l'impôt pour limiter les inégalités sur le continent.

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Par Charlotte Cieslinski

Publié le 02 avril 2019 à 12h18 Mis à jour le 02 avril 2019 à 15h21 Temps de lecture 6 min « Une part disproportionnée de la croissance a été captée par le haut en Europe », indique Lucas Chancel. (ARIS MESSINIS / AFP)

C'est un des arguments préférés des populistes : les pays les plus riches de l'Union européenne font trop de cadeaux aux Etats les plus modestes, sous forme de transferts et de subventions. « Ça, c'est le fantasme des eurosceptiques ! », balaie l'économiste Lucas Chancel, co-auteur avec Thomas Blanchet et Amory Gethin de la dernière étude du Laboratoire sur les inégalités mondiales (World Inequality Database, WID.world) : « How Unequal is Europe ? ». Ces transferts génèrent en fait des revenus dans les pays riches que les enquêtes oublient de souligner…

Rendu public avant les élections européennes du 23 mai prochain, ce travail effectué par une centaine de chercheurs dans le monde dresse un état des lieux des inégalités sur le continent entre 1980 et aujourd'hui. « Nous avons voulu répondre à un déficit de données publiques sur les inégalités, indique à « l'Obs » Lucas Chancel. Ces inégalités sont partout, sauf dans les statistiques publiques ! En Europe, on est encore dans un contexte assez absurde où les banques et certaines multinationales ont plus d'informations sur les individus que n'en ont les gouvernements. »

Aujourd'hui en Europe, entre 21 et 22% des citoyens sont en situation de pauvreté mais « on peut faire beaucoup mieux en termes de progressivité fiscale pour contenir ces inégalités à l'avenir », assure l'économiste.

Vous établissez qu'entre 21% et 22% des citoyens européens sont en situation de pauvreté. Ce taux n'a pas baissé ces vingt dernières années, il stagne

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