Motion de défiance à « Libération » : la rédaction veut placer Joffrin sous surveillance

« La confiance entre les salarié.e.s de Libération et Laurent Joffrin est aujourd'hui profondément abîmée », écrivent les salariés dans un texte voté à une large majorité.

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Par L'Obs

Publié le 01 avril 2019 à 21h12 Mis à jour le 03 avril 2019 à 17h27 Temps de lecture 2 min (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Pas de divorce, mais la défiance. Ebranlés par l'affaire du financement opaque d'un colloque organisé au Gabon, les journalistes de « Libération » ont voté ce lundi 1er avril une motion qui, si elle n'appelle pas à la démission du directeur Laurent Joffrin, sonne comme un désaveu.

D'abord par le score recueilli par le texte. Il a été voté à une large majorité de 76,8 % des suffrages exprimés (72,8 % des journalistes ont participé au vote), indique la société des journalistes et du personnel de Libération, sur son compte Twitter.

Ensuite par sa tonalité. Les journalistes et salariés réaffirment dans le texte leur « vive colère et indignation ». « La confiance entre les salarié.e.s de “Libération” et Laurent Joffrin, en sa qualité de cogérant, est aujourd'hui profondément abîmée », est-il aussi indiqué.

La justice française a ouvert une enquête préliminaire en lien avec un forum, organisé par le quotidien hexagonal en 2015 au Gabon. Les cogérants de « Libération », Clément Delpirou et Laurent Joffrin (qui est par ailleurs un ancien directeur de la rédaction de « l'Obs ») ont défendu l'organisation et l'impartialité de ce forum. Ils ont assuré que le journal n'avait bénéficié d'aucune transaction irrégulière. S'ils reconnaissent que le montant de la facture (3,5 millions d'euros au total) « peut surprendre », ils ont assuré qu'il ne s'agissait pas d'une opération à la gloire du régime d'Ali Bongo.

« Libé » a touché 3,45 millions d'euros pour un forum au Gabon en 2015, les salariés se disent « trahis »

Une enquête interne a mis au jour une commission reversée à un intermédiaire local de l'ordre de 500 000 euros et des intérêts personnels d'un manager de l'époque avec les milieux d'affaires gabonais, « deux faits qui n'étaient connus en rien à “Libération” », ont indiqué les deux responsables, soulignant qu'« aucune irrégularité n'a été constatée dans les flux financiers » dont « Libération » avait bénéficié.

« Un administrateur ou une administratrice salarié.e »

Dans leur motion, les salariés de « Libé » « prennent acte avec satisfaction du départ d'Altice » (ex-SFR groupe, à qui appartient le quotidien) de Pierre Fraidenraich « qui a entraîné le journal dans cet épisode désastreux ». L'ex-directeur de « Libération » en effet a démissionné jeudi du poste de directeur général de BFM Business qu'il occupait depuis 2016.

Dans leur motion, les salariés réclament « que toute la transparence soit faite sur les coulisses de l'opération » afin de pouvoir « envisager au mieux les modalités d'une réparation future. »

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Et pour mieux peser sur les décisions, ils demandent à être « représentés par un administrateur ou une administratrice salarié.e disposant d'un droit de vote dans les instances du groupe qui décident de la gestion et de l'avenir du journal ».

B.L. (avec AFP)

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