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Le livre. Pour une journaliste travaillant dans les sciences, l'exercice avait tout d'un numéro d'équilibriste très risqué : parler sérieusement de fantômes, revenants ou poltergeists, bref de phénomènes qualifiés de paranormaux. Le tout en évitant l'arrogance du scientiste, prompt à se moquer des crédules, mais aussi sans jubiler à l'idée que ces manifestations mettraient en échec la science.

Le pari est réussi ! L'autrice, qui a d'abord présenté ce travail dans des podcasts, est bien consciente de la difficulté. Elle commence donc par de petits rappels utiles sur la méthode scientifique, le doute, la zététique, le rasoir d'Ockham… Le lecteur est prévenu, place à la rigueur.

Puis défilent quatre thèmes, répartis en huit histoires vraies sur les esprits frappeurs, les revenants, les apparitions collectives et les entités démoniaques, même si les différences entre tous ces phénomènes sont assez minces.

A chaque fois, le déroulé est le même : un récit détaillé qui donne quelques frissons, parsemé de petits détails qui laissent entrevoir des pistes de résolution, puis un retour sur les faits avec des ajouts qui éclairent d'un nouveau jour ces phénomènes et, enfin, une dernière partie plus savante où des articles de recherche scientifique viennent remettre certaines choses en place. Les sources sont données et l'autrice a elle-même interrogé certains protagonistes de ces histoires en apparence incroyables.

Armer le lecteur

A chaque fois aussi, transparaît le sentiment que tout n'est pas complètement clair. Ce qui agacera les plus sceptiques et ravira ceux qui veulent croire à cette auto-stoppeuse qui disparaît soudain, à ce bureau dont les ampoules claquent, à cette maison aux rideaux qui étranglent les jeunes filles, à ce bruit de tambour dans un mur et bien sûr aux inévitables fantômes traînant dans un château, et autres lycéennes possédées…

Les habitués des enquêtes sur le paranormal retrouveront bien sûr plusieurs explications classiques comme les paréidolies (hallucinations optiques), les paracousies (hallucinations auditives) ou les biais de confirmation (qui consistent à privilégier les informations confirmant ses idées préconçues), ou encorel'effet Barnum (qui veut qu'on surinterprète des messages peu précis)… Beaucoup de mystères se dissipent ou semblent moins frappants quand il n'y a que des témoignages, voire des récits de seconde main, ou encore quand des contextes psychosociaux sont exposés. Ces rappels arment aussi le lecteur qui serait prochainement confronté à du « surnaturel » et qui ne doit pas exclure l'hypothèse d'un canular ou de tours de magie…

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