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Pamiers : après la mort de leur bébé dans leur logement, ils vivent sous une tente depuis des mois

Abonnés Faits divers, Pamiers, Ariège Publié le 26/10/2021 à 13:41 , mis à jour à 13:55

l'essentiel Après avoir perdu leur bébé de 2 mois, foudroyé par la mort subite du nourrisson dans leur appartement situé à Pamiers, Alicia et Baptiste ont demandé à être relogés. En attendant l'instruction de leur dossier, ils se sont installés sous une tente à Cailloup, en bord d'Ariège. Mais la situation s'enlise. Contacté, l'office HLM est actuellement en train de remuer ciel et terre pour les aider.

C'est une histoire poignante en passe d'être résolue grâce à la mobilisation des travailleurs sociaux ariégeois. Depuis le mois de juin, Alicia et Baptiste vivent sous une tente installée en bord d'Ariège sur le site de Cailloup, à deux minutes du centre-ville. Par le passé, ils vivaient dans un logement social, à côté de l'usine Aubert&Duval. Mais dans cet appartement, ce couple de trentenaires a été confronté à l'indicible. « On a eu un petit garçon qui est décédé de la mort subite du nourrisson. Il avait exactement deux mois et neuf jours. J'ai essayé de masser son cœur en attendant le Samu mais il était trop tard », raconte Alicia. À ses côtés, Baptiste est ravagé par le chagrin. « Il était avec moi dans le lit quand son cœur s'est arrêté. » C'était en mars.

Ensemble, ils ont essayé, vraiment essayé de démarrer leur deuil. Mais leur logement est devenu « invivable ». « Dès qu'on rentre dans la chambre, il y a encore l'odeur du petit, ses affaires, les souvenirs. On ne peut pas vivre ainsi. »

Alors le couple a sollicité Soliha, un organisme spécialisé dans l'accompagnement à l'accès au logement, afin d'être redirigé sur une autre habitation. « On n'est pas très fort niveau démarches administratives mais j'ai rencontré une assistante sociale dès le mois d'avril qui a assuré qu'elle envoyait un courrier à la mairie. Il y a 15jours, on a aussi eu rendez-vous avec Soliha qui nous a dit qu'il fallait attendre la fin des vacances. Les gens comprennent notre détresse mais rien ne bouge (lire aussi encadré) », glisse Baptiste.

Un autel funéraire pour le petit Marlon

La situation censée durer quelques semaines s'enlise alors littéralement dans la boue des bords de l'Ariège à Cailloup. Dans des conditions de précarité extrêmes. « Notre salle de bains, elle est là ! », lance Baptiste en montrant la rivière tenant à préciser au passage qu'il tient à faire sa vaisselle avec des cendres et du sable « pour ne pas polluer la rivière ». « Quand on est arrivé, il y avait des poubelles partout et on a tout nettoyé. On fait très attention à l'environnement », ajoute-t-il. S'ils reconnaissent que cet été, il y avait même un petit air de « colonie de vacances » quand ils recevaient leurs enfants issus d'une précédente union, Alicia et Baptiste sont à bout de nerfs ce mardi.

«L'autre jour, une branche énorme est tombée à cinq mètres de la tente. Notre hantise, c'est que ça arrive pendant qu'on dort. Mais le pire, c'est le froid et l'humidité. Dès qu'il pleut, le chemin est impraticable et on est complètement isolé. La police sait qu'on est là. Heureusement qu'on peut compter sur le Secours populaire qui nous a donné des couvertures et des denrées alimentaires. Demain [mercredi], on ira aux Restos du cœur. »

Pour autant, hors de question de remettre les pieds dans l'ancien logement dont le loyer était d'ailleurs payé automatiquement par les aides des organismes sociaux. « Ce n'est pas une histoire d'argent mais c'est trop douloureux vu ce qu'on a vécu. Heureusement qu'on est deux et qu'on se soutient », note le jeune homme. Après avoir roulé sa bosse dans plusieurs corps de métiers, Baptiste s'est pris de passion pour le travail du bois. C'est désormais l'une de ses rares occupations sur la plage de Cailloup grâce aux outils qu'il a dénichés dans les poubelles. Mais en voulant élaguer les branches qui menaçaient de tomber, il s'est luxé l'épaule. Une blessure qui avait d'ailleurs entraîné le déplacement des secours. « On ne peut pas se présenter dans cet état à un entretien d'embauche », glisse Alicia. Alors comme son homme, elle sculpte le bois. En forme de cœurs, de préférence. Dans sa tente, le couple a installé un autel funéraire en la mémoire de son bébé. Il s'appelait Marlon.

Pour passer le temps, Alicia sculpte des porte-encens en forme de coeur. DDM - GERALDINE JAMMET

L'OPH 09 a trouvé une solution en urgence

Contacté ce mardi matin, l'Office public de l'habitat (OPH), qui gère le parc des logements sociaux, a été très sensible à la situation du couple d'Appaméens. Et hyper réactif. Il est toutefois important de noter que pour l'OPH, la demande de relogement date du 10 août. « On ne va pas les laisser comme ça. On va faire au mieux. On les appelle pour faire le point », lance la responsable de la communication. Même pas une heure après, le téléphone a sonné de nouveau. « On a un logement disponible qui vient de sortir de terre. J'ai contacté Marie-France Villaplana [la présidente de l'OPH et conseillère départementale du canton Pamiers 1] qui m'a confirmé qu'on pouvait leur attribuer hors commission. Si j'ai l'avis d'imposition de Madame dès cet après-midi, je peux les faire entrer demain. C'est notre ADN ! »

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